Les récits des grands navigateurs et des missionnaires ont permis de retracer la toponymie de PUNAAUIA. Au-delà de tous ces témoignages, plusieurs légendes existent et donnent différentes significations à l'origine du nom.

Aux temps anciens, le roi puissant de PUNAAUIA, HITI A HITI, craint de tous ses voisins et dont la bravoure et les hauts faits lui firent une haute réputation, donna son nom à son district. Sur son ordonnancement, un autel fut élevé. Autel qu’il nomma TAHITI avant d’ordonner que l’île entière soit également appelée TAHITI.

Ainsi PUNAAUIA eu pour première appellation HITI.

Chef-lieu des « ARI’I NUI’ » (Grand chef, Roi) dont le titre officiel était « TE-ATUA-NUI-E-MARU-I-TE-RA’I », HITI prit ensuite pour nom MANOTAHI (MANO-TAHI) pour devenir plus tard PUNAAUIA.

Deux légendes principales apportent chacune la signification de l’origine de ce nom : la légende de la princesse PEREITAI, et celle du guerrier PUNA.

La Légende de la Princesse PEREITAI et de la conque

Cette légende fut racontée à Teuira HENRY par PEUE, le vieux chef de FAUTAUA, qui la retranscrivit dans son livre « Ancient Tahiti ». Elle raconte l’histoire de l’amour interdit entre la princesse PEREITAI, fille du roi MAHEANUU de TEFANA I AHURA’I (FAA’A), et TEMURI, beau jeune homme de bonne famille de FAUTAUA mais pas de sang royal. Bravant les interdits de leurs parents, PEREITAI et TEMURI décidèrent de s’enfuir dans la cité de refuge tahitienne à PAPENOO. Les parents de PEREITA’I, ne pouvant consentir à pareille mésalliance, eurent connaissance de leur projet et envoyèrent au lieu de rendez-vous un prêtre pour tuer TEMURI. Effondrée par la mort de son bien-aimé, la princesse fut inconsolable. Voyant sa santé se dégrader, ses parents l’envoyèrent en voyage aux Îles-Sous-Le-Vent où elle accepta, bien malgré elle, d’épouser le jeune chef TERAIMARAMA. Quelques temps plus tard, se sentant humiliée, la princesse, suivie de son jeune frère MATAIRUAPUNA, s’enfuit alors au royaume sous-marin des ancêtres, dans le PO, où la grande conque PUIROROITAU (« Conque de dessous les rochers engloutis »), dont la mélodie permettait d’apaiser toutes les tempêtes, fut offerte au jeune homme. De retour à Tahiti, c’est à MANOTAHI qu’ils furent accueillis par le chef du district POHUETEA à qui fut offerte, la conque sacrée. Pour célébrer cet évènement, POHEUETEA donna au district de MANOTAHI le nom de PUNAAUIA, soit, « La conque est mienne » (« E pū nā au ïa »).

Lire toute la légende.

La Légende du Bûcher de PUNA qui délivre deux versions principales.

La première raconte l’histoire du guerrier PUNA qui reçut l’aide d’une tortue royale pour effectuer la traversée de Raiatea à Tahiti. Une tortue sacrée à qui il coupa les quatre ailerons afin qu’elle ne puisse plus repartir. Elle réussit, cependant plus tard, à se venger du guerrier en l’immolant. Sa mâchoire fut déposée dans la passe de TAAPUNA et ses yeux transpercés dans la vallée de MATATIA.

Lors de la fête du folklore qui se tint à Punaauia en 1928, dans son discours, M. Martial IORSS fit état de la légende du guerrier PUNA, une deuxième version de la légende mais dont certains détails rejoignent la première.  Originaire de TEVA I TAI (la presqu’île), et après avoir échoué à PUNAAUIA, PUNA fut capturé par les indigènes. « La pointe où le combat eut lieu et où la mâchoire de PUNA fut cassée, fut appelée TAAPUNA (Taa mâchoire), la vallée où il fut ligoté PUNARUU (Ruu ligoter), la vallée où il fut sacrifié PUNAAUVIHIA (de Auvi hia sacrifié). »

Sources: Bulletins de la Société des Etudes Océaniennes

BSEO n°27: 11-12, BSEO n°68: 268-271., Généalogie des ari'i de Punaauia. ~ CADOUSTEAU, M. [BSEO n°239‑240 : 74].

Patrimoine en partage à PUNAAUIA avec la collaboration du Musée de Tahiti et des Îles, du Service du Partrimoine Archivistique et Audiovisuel, de la Société des Etudes Océaniennes, de l'Université de la Polynésie française, de l'Association Tahiti Héritage, des associations et des Matahiapo de la commune de PUNAAUIA.