Objectif : Favoriser le partenariat entre la Commune et le secteur économique

La Ville de PUNAAUIA a organisé, le 30 mai 2017, sa première édition du "Forum des Entrepreneurs" à l'hôtel Intercontinental Tahiti, à destination des toutes entreprises de la Commune, quelle que soit leur statut, leur taille, ou leur activité. 

Inscrit dans le Plan Directeur 2014-2020, cet évènement se positionne en complémentarité avec le Carrefour de l'Emploi, davantage destiné aux demandeurs d'emploi et porteurs de projet, et dont la première édition s'est tenue en 2016.

Les objectifs de cette journée étaient les suivants :

  • Créer du lien entre les acteurs économiques du territoire de PUNAAUIA
  • Accompagner le développement des microentreprises de la Commune
  • Favoriser l'engagement des entreprises dans une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE - développement durable en entreprise)

Programme de la journée

  • 08h00 : Discours du Président de la Polynésie Française, M. Edouard FRITCH
  • 05h15 : Discours de bienvenue du Maire de PUNAAUIA, M. Ronald TUMAHAI
  • 08h30 : Présentation de M. Teva ROHFRITCH, Vice-Président de la Polynésie Française, des grands projets du Pays sur le territoire de PUNAAUIA
  • 09h00 : Présentation de M. Simplicio LISSANT, 1er adjoint au Maire de PUNAAUIA, de l'organisation administrative de la mairie et des projets d'aménagement et de développement sur la commune de PUNAAUIA
  • 09h30 : Pause-café : Espace vidéo-témoignage et networking
  • 09h45 : Rappel par Mme Aline BESSIERE, consultante, de la définititon et des principes des la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE)
  • 10h00 : Ateliers de travail en groupe, animés par des entreprises partenaires
  • 12h00 : Pause-déjeuner
  • 13h00 : Restitution des ateliers et échanges
  • 16h00 : Conclusions du Forum

Bilan de participation

Au total, près de 80 personnes ont participé à cette première rencontre, dont 35 TPE et 25 PME, soit 60 entreprises de PUNAAUIA;

Lors de son discours, le Maire de PUNAAUIA a tenu à rappeler l'importance du tissu économique pour la Commune, dans la mesure où son dynamisme peut contribuer à favoriser l'emploi, l'éducation, la création de richesses et ainsi l'équilibre global du territoire communal. Il est primordial que la Commune et le monde économique apprennent à mieux se connaître pour mieux travailler ensemble : que la Commune comprenne les difficultés quotidiennes des entreprises et qu'elles-mêmes comprennent les contraintes et les limites de compétences de la Commune. Il a rappelé que cette ambition de privilégier la relation avec les acteurs économiques du territoire est inscrite dans le Plan Directeur de la mandature 2014-2020, mais qu'elle a pris forme dès 2012 avec les ateliers de concertation pour le projet de protection de la Vallée de la PUNARU'U. Cette large concertation a abouti à la rédaction du Livre Blanc et à la création d'un Conseil de Gestion de la PUNARU'U associant les entreprises de la Zone Industrielle en 2014. En 2015, une vaste campagne de rencontre avec près de 50 entreprises de PUNAAUIA avait également permis de poursuivre cette ambition de partenariat. Il a d'ailleurs précisé que 90% d'entre elles étaient déjà engagées dans des démarches de développement durable, qu'elles soient environnementales (tri des déchets, photovoltaïque, etc.) ou sociales (embauche de travailleurs handicapés, accueil de stagiaures).

Le Vice-Président de la PF, M. Teva ROHFRITSCH a quant à lui, rappelé combien la concertation avec les communes était essentielle pour la mise en place des grands projets d'investissement du Pays, et que l'intégration de la commune de PUNAAUIA aux comités décisionnels et de suivi des grands projets impactant la Commune était impérative. A cette occasion, il a également présenté les trois projets de développement du Pays en cours ou à venir, sur le territoire de la Commune de PUNAAUIA :

  1. L'extension du Centre d'Hébergement des Etudiants, situé au-dessus de l'Université
  2. La rénovation et l'extension du Musée de Tahiti et ses îles
  3. Le projet touristique "Le Village Tahitien" (ex Mahana Beach)

Le Centre d'Hébergement des Etudiants

Ce projet est réparti en 3 phases d'opération :

  • Les bâtiments existants, achevés en novembre 2004, et qui comprennent 5 bâtiments d'hébergement en R+2, totalisant 114 logements, ainsi qu'un foyer étudiant comprenant notamment une salle de conférence, une salle de sports et un plateau sportif.
  • Le projet en cours comprenant 4 bâtiments en R+3 qui totalisent 83 logements, augementant ainsi l'offre d'hébergement sur l'ensemble de la résidence universitaire de 197 unités de chambres doubles et chambres simples PMR. Chaque bâtiment étant équipé de cuisine et de buanderie communes.
  • Une 3ème phase serait envisageable ultérieurement sur la même parcelle, avec 4 autres bâtiments d'hébergement, totalisant 90 logements ainsi que des locaux dédiés à diverses activités, des ateliers sportifs et courts de tennis.

Le Musée de Tahiti et ses îles

Il s'agit là notamment de travaux de rénovation et d'extension qui devraient permettre de dynamiser ce lieu culturel en un musée moderne et plus confortable, doté d'équipements muséographiques, mettant en valeur notre patrimoine culturel autour de nos 5 archipels.

Le Village Tahitien

Ce nouveau concept mené par le Pays vise à mettre en avant l'identité polynésienne et l'ambiance d'un Village Tahitien, en mêlant touristes et population locale. Ainsi, en complément des ensembles hôteliers, la population aurait le loisir de s'y promener et de profiter du bain de mer à travers un parc public, un beau front de mer piéton ou encore un village culturel. Des manifestations sportives et culturelles pourront ainsi y être organisées, notamment des courses de Va'a.

Le programme cible du projet est actuellement en cours de redéfinition par le gouvernement. Il s'agit toujours de réaliser un grand projet d'infrastructures touristiques, constitué de plusieurs ensembles hôteliers de 3 à 5 étoiles, et des hébergements de type "condominium", avec un objectif global en termes de chambres à 2000 clés. Il est également prévu d'y aménager une salle de conférence et une marina.

Dans l'attente du développement du projet touristique, et pour permettre à la population d'accéder au domaine foncier, l'organisation de manifestations sportives et commerciales est d'ores et déjà autorisée sur ce site.

RESTITUTION DES ATELIERS

Atelier 1 - SECTEUR PRIMAIRE

Le secteur Primaire regroupe toutes les entreprises ayant une activité liée directement à l'exploitation des ressources naturelles (par exemple : agriculture, sylviculture, pêche, etc.).

Le bilan général de cet atelier laisse apparaître que la plupart des entrepreneurs du secteur primaire participant à l'atelier était déjà engagée dans des démarches pouvant s'apparenter à de la RS, ce qui a démontré leur niveau d'implication au sein de leur profession, mais aussi de la communauté de façon plus générale.

Les pistes d'actions identifiées sont les suivantes :

  • Créer une plateforme d'échanges entre entrepreneurs qui s'engagerait par thématique (pêche, agriculture, etc.) pour faciliter les échanges, les partages d'expériences et de conseils. Le statut de cette plateforme (formel, informel, associatif, etc.) n'a pas été précisé.
  • Organiser des formations par les organismes publics (services administratifs divers) ou parapublics (CCISM par exemple) sur les réglementations actuellement en place, les démarches éventuelles pour accéder aux infrastructures publiques ou privées (par exemple, pour ce qui est notamment de la gestion des déchets).
  • Mettre en place un "marché du terroir", comme ceux de MAMAO et TARAVAO gérés par la CAPL, pour donner plus d'opportunités de ventes pour les professionnels, et limiter leur accès aux professionnels dûment enregistrés.
  • Développer une plateforme collective de location de matériels sur l'inspiration de la "Coopération d'Utilisation du Matériel Agricole" existant en France métropolitaine.
  • Recenser de façon efficace et régulière les pêcheurs exerçant leur activité en conformité avec la réglementation, formaliser ce statut par une carte professionnelle, et fixer des règles de quotas pour les prises des pêcheurs occasionnels non recensés.

Autres remarques :

  • Les participant ont évoqué des questions d'ordre plus général et ont appelé de leurs voeux les actions suivantes :
  • Le développement d'une meilleure signalisation des sites d'infrastructures ou des sites publics. 
  • La mise en place d'une politique plus répressive en matière de lutte contre les pollutions et les atteintes à l'environnement dans toutes ses formes (sanctions contraventionnelles, taxes indemnitaires perçues par la Commune, par exemple, sur les plaisanciers à titre de contribution à la gestion et au traitement des pollutions).
  • Une meilleure préservation des espaces en amont, notamment en améliorant les plans de gestion our les zones de protection sur la base d'études scientifiques notoires, et que ces plans de gestion fassent ensuite l'objet d'une information largement diffusée.
  • La mise en place de solutions alternatives ou de systèmes d'aides orientées vers la gestion raisonnée des ressources naturelles (eau potable).
  • Un meilleur retraitement des déchets, notamment la gestion des déchets de poisson des professionnels.
  • L'augmentation du nombre de bacs pour récupérer les huiles et batteries usagées.

Atelier 2 - SECTEUR SECONDAIRE

Le secteur Secondaire regroupe toutes les entreprises exerçant des activités de service (par exemple : conseil aux entreprises, hôtellerie, restauration, activités de loisirs, etc.).

Le bilan général de cet atelier laisse apparaître que, comme pour les participants à l'atelier 1, les entreprises du secteur secondaire participantes de l'atelier 2 ont pu constater que la plupart d'entre elles avaient déjà une approche s'apparentant à la RSE.

Bien évidemment, à la différence du secteur Primaire, certaines entreprises au sein de l'atelier 2, disposant d'une plus grande ancienneté, d'une plus grosse structure humaine et financière facilitant la sensibilisation et l'action à cet effet, ont déjà entamé d'importantes démarches RSE. Ceci aussi, sans doute, dû au fait que leur impact sur l'environnement (pollution, déchets, etc.) est plus marquant que les petites TPE du secteur Primaire.

En tout état de cause, tous les participants à l'atelier 2 ont démontré une volonté importante de s'engager plus dans la RSE et appellent les institutions à s'engager à leur côté et mettre en place, de concert, le contexte favorable à des actions RSE en aidant au développement économique, à des actions collectives et durables.

Les pistes d'actions identifiées sont les suivantes :

  • Organiser des formations, plus spécialement à destination des TPE, sur la gestion d'entreprise, la gestion d'une démarche RSE.
  • Développer des formations spécifiques en fonction des besoins des entreprises, et permettre ainsi à terme, le recrutement de main d'oevure locale qualifiée.
  • Accroître la sensibilisation de tous les acteurs privés ou publics à la RSE, par exemple la CCISM et l'ADIE, pour aider les chefs d'entreprise à gagner en expertise, à prendre du recul sur leur activité, mais aussi à faire de la RSE,une démarche collective. En contrepartie, les professionnels doivent égelement s'organiser pour sensibiliser plus efficacement les acteurs publics.
  • Monter des campagnes d'informations, notamment à destination des TPE, pour donner aux chefs d'entreprise des outils simples, des idées concrètes et leur montrer les avantages directs de la RSE, afin de lever les réticences de certaines entreprises.
  • Découper les marchés publics en petits lots (allotissements) et diversifier les parties prenantes pour permettre l'accès à un plus grand nombre d'entreprises, notamment des TPE.
  • Améliorer la gestion des moyens de paiement par les personnes publiques pour faciliter la gestion de la trésorerie des entreprises.

Autres remarques :

Par ailleurs, les participants à l'atelier 2 ont souligné, tout comme les participants de l'atelier 1, les problématiques de développement de certaines infrastructures, tels que les transports publics et les réseaux de circulation. Ils appellent ainsi les pouvoirs publics à engager des actions visant :

  • La mise en place de transports collectifs de marchandises, voire de personnes dans les zones industrielles, notamment celle de la PUNARU'U.
  • La multiplication de points de collecte et de bennes, accessibles 7 jours sur 7.
  • Le renforcement de contrôles et de sanctions via la mise en place de "brigades vertes".
  • La poursuite des actions d'éducation et de sensibilisation et la mise en place d'une offre de valorisation des déchets via, par exemple, la reprise de certains types de déchets contre paiement, la mise en place de sites de compost au bénéfice des agriculteurs, etc.

Atelier 3 - SECTEUR TERTIAIRE

Le bilan général de l'atelier 3 a fait état d'énormément d'échanges entre les participants et la Commune. Ce qui démontre la volonté des entreprises de PUNAAUIA de construire des échanges productifs et réguliers avec la municipalité, mais a également démontré que la Commune pouvant être un partenaire très utile pour les problématiques du quotidien et de proximité.

Compte tenu de la nature des activités du secteur Tertiaire, les échanges ont essentiellement porté sur les méthodes de communication et les pistes de développement des activités, grâce au numérique.

Comme pour les autres ateliers, les participants à l'atelier 3 ont souligné les problématiques liées aux infrastructures pour assurer la mise en place efficace d'une politique RSE au sein des entreprises, notamment celles liées à la gestion des déchets.

Les pistes d'actions identifiées sont les suivantes :

  • Mettre en place une page spécifique sur le site internet de la Commune, sur la question des filières de récupération et de dépôt des déchets,notamment pour les quantités importantes, pour informer les utilisateurs et répondre à leurs questions, ceci en plus du Guichet Unique de la Commune, déjà existant et joignable au 40.86.56.36.
  • Développer des labels qui viendraient reconnaître ou identifier les entreprises respectueuses de l'environnement : celles qui anticipent leurs besoins afin de limiter les pertes et les déchets, celles qui développent des stratégies de gestion des déchets, etc.
  • Limiter la pollution visuelle (grands panneaux d'affichage par exemple) en encourageant les entreprises à mettre en oeuvre des stratégies de communication limitant cette pollution (panneaux d'affichage numériques, radio, etc.).
  • S'appuyer sur les outils de communication de la Commune pour sensibiliser les différents acteurs aux thématiques de la RSE.
  • Organiser des réunions d'informations et d'échanges pour poursuivre les échanges, non seulement entre les entrepreneurs, mais également avec la population en général.
  • Développer un annuaire des entrepriseset associations établies sur le territoire de PUNAAUIA pour faciliter les échanges entre toutes ces organisations.
  • Renforcer la communication entre les entreprises localisées sur PUNAAUIA, quant à leuirs besoins en matière de recrutement pour toucher plus facilement les demandeurs d'emploi de la Commune.
  • Mieux valoriser auprès des jeunes les formations dans lesquelles les besoins de recrutement sont les plus marqués, et notamment agir sur l'orientation professionnelle à l'école et en dehors.

Autres remarques :

  • Renforcer les interventions de la police pour éviter les débordements ou la pollution de certains sites dédiés aux activités collectives.
  • Améliorer les infrastructures collectives (éclairage public) pour limiter la concentration d'activités perturbantes, voire illicites dans ces lieux de rassemblement.
  • Développer des partenariats avec les associations locales (sportives, de quartier, etc.), pour aider à la formation et à la sensibilisation, notamment des jeunes, et ainsi lutter contre les délinquances associées. La sécurité étant un élément important pour le développement d'activités, surtout de services.