Au lendemain de la grande guerre, le magasin « MATAVAI », plus communément appelé magasin POTHIER, ouvre ses portes dans le district de PUNAAUIA, aux alentours du kilométrage 12,500. Un petit commerce qui, ne cessant d’évoluer, deviendra également la station-essence et le standard téléphonique de la localité.

Jean, Louis, Marie POTHIER, de HUAHINE à PUNAAUIA

Originaire de HUAHINE, Jean POTHIER, après avoir obtenu son certificat d’études, est contraint de quitter son île pour venir poursuivre ses études à PAPEETE. La vie est paisible à TAHITI jusqu’au jour où la grande guerre survient. Alors, comme un bon nombre des jeunes de son âge, il s’engage auprès des troupes françaises. Plus tard démobilisé, et en remerciement de son engagement, il reçoit du gouverneur une licence « cadeau » lui permettant d’ouvrir un commerce. Pour Jean, « c’était ça ou faire instit’ à 1000 francs par mois » [1] ; et bien entendu, il choisit le magasin qu’il établira à PUNAAUIA.

 

Le magasin POTHIER

Au lendemain de la guerre, le magasin de Jean POTHIER, fait son apparition dans le paysage du district de PUNAAUIA.  Entouré d’une forêt de flamboyants, il était installé dans une ancienne petite boutique chinoise abandonnée sur la propriété d’une certaine Mme HIGGINS.  « Principal produit consommé et vendu : le vin », qui « arrivait en barrique », et qui était commercialisé dans des bouteilles préalablement lavées et remplies par le couple de commerçant. Autre produit phare du petit commerce, « (…) la bière, la marque AORAI[2] »

 

Un petit commerce, une station-essence et un standard téléphonique

En 1961, à quelques mètres de son magasin, et à proximité des pâturages de M. TEISSIER, Jean POTHIER inaugure sa station-essence qu’il nomme « MATAVAI ». Il finit par déménager son petit commerce près de celle-ci, et abrite le standard téléphonique du district. Une autre aventure pour Jean et sa famille : « La Poste sonnait chez nous et nous branchions les abonnés. Au début pas de problèmes, les abonnés étaient comme une grande famille. C’est devenu très embêtant après l’ouverture de la piste de Faaa. Les équipages, c’est la nuit qu’on les appelait, vous imaginez comme c’était agréable ! On a cherché à se débarrasser de ce sacré standard mais personne n’en voulait. Heureusement que le téléphone est devenu automatique en 1969, racontait alors Jean. [3]»

 

Nouveau déménagement, nouvelle enseigne, nouveau propriétaire

En 1970, dernier déménagement pour le magasin POTHIER qui change d’enseigne et devient le magasin « SUPER MANAVA ». Il conservera son ultime emplacement jusqu’à ce jour. Atteint d’une grave maladie, Jean POTHIER est contraint de cesser son activité commerciale. En 1979, il cède son magasin à Joseph LAILLE. Au fil des ans, le petit commerce s’agrandit, les produits se diversifient, et Joseph développe sa propre boulangerie pour le plaisir des papilles de sa clientèle. Aujourd’hui géré par ses trois enfants, le magasin n’a cessé d’évolué, de se moderniser.  

 


Sources:

[1] [2] [3] Magazine Vivre à Punaauia N°1 MARS 1987. C’était paisible à Punaauia, p.17,19. © Ville de PUNAAUIA

Illustrations:

1Ville de PUNAAUIA. Autrefois la cocoteraie, les pâturages, la forêt de flamboyants. Magazine Vivre à Punaauia N°1 MARS 1987, p.19 © Ville de PUNAAUIA

2- Ville de PUNAAUIA. Joseph POTHIER et sa famille. Magazine Vivre à Punaauia N°1 MARS 1987, p.17 © Ville de PUNAAUIA

3- Ville de PUNAAUIA. La station MATAIVA. Magazine Vivre à Punaauia N°1 MARS 1987, p.17 © Ville de PUNAAUIA

4- Ville de PUNAAUIA. Super Manava c’est ça ! Magazine Vivre à Punaauia N°2 MARS 1987, p.53 © Ville de PUNAAUIA

 


Patrimoine en partage à PUNAAUIA avec la collaboration du Musée de Tahiti et des Îles, du Service du Patrimoine Archivistique et Audiovisuel, de la Société des Etudes Océaniennes, de l'Université de la Polynésie française, de l'Association Tahiti Héritage, du Service de la Culture et du Patrimoine, des associations et des Matahiapo de la commune de PUNAAUIA.


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