Les orientations du "PGA nouveau" se dessinent ...

Encadré par le code de l’aménagement de Polynésie française, le Plan Général d’aménagement (PGA) est un document composé de cartes et d’un règlement, qui précise les besoins en développement d’un territoire.

L’indispensable mise à jour du PGA de Punaauia

Le premier PGA de la commune de Punaauia, adopté en janvier 2005, nécessite aujourd’hui d’être révisé de manière à prendre en compte les évolutions démographiques mais aussi socio-économiques, mises en lumière par les travaux de recensement de l’Institut de la statistique (ISPF) menés en 2012.

Ordonnée par un arrêté du conseil des ministres après approbation du conseil municipal, la révision du PGA de Punaauia a été lancée en juillet 2013 et a permis d’ouvrir avec les partenaires de la commune réunis au sein d’une commission locale d’aménagement (CLA), des discussions sur le développement futur du territoire communal.

Réunie à 3 reprises, la CLA a approuvé le diagnostic stratégique du territoire, mais s’est également positionnée sur les orientations environnementales, urbanistiques et économiques à inscrire dans le Projet d’aménagement et de développement durable (PADD) de la commune.

Un PADD : une première en Polynésie

Si les Projets d’aménagement et de développement durable (PADD) représentent une obligation réglementaire en métropole, le code de l’aménagement polynésien n’a pas inscrit le PADD comme une pièce obligatoire à fournir pour l’élaboration ou la révision d’un PGA.

Et pourtant, ce dernier constitue la pièce centrale de tout projet d’aménagement puisqu’il définit de manière claire et synthétique, notamment à travers de cartes, les orientations de développement, de protection et de promotion d’un territoire.

1. Punaauia : Trois grandes ambitions pour un territoire solidaire, durable et de projets Faire du patrimoine naturel et culturel, un support de promotion de Punaauia

La commune de Punaauia a la chance de regorger de sites culturels et historiques remarquables soigneusement répertoriés par le service de la culture et du patrimoine : marae, paepae, tours vestiges des célèbres batailles de Fei pi et autres. Autant de témoins de l’identité de la commune, mais aussi de l’île entière, qu’il convient, non plus seulement de protéger, mais de mettre en valeur.

Le patrimoine naturel n’est pas en reste avec un plateau du Tamanu classé depuis 1952 et des inventaires de la faune et de la flore, plus que remarquables qui placent la protection des paysages et la végétalisation de la ville comme une priorité.

2. Un territoire hiérarchisé, équipé et structuré

Pour assurer un développement harmonieux de Punaauia, en pleine croissance démographique, l’équipe municipale doit optimiser l’occupation de l’espace en maîtrisant le développement des constructions, mais aussi en équilibrant le territoire par une répartition équitable des équipements et services.

Cet équilibre passe par l’affirmation d’un « centre-ville » sur la plaine de Punavai, mais également par un meilleur rapport au littoral et au lagon qui constitue l’un des atouts essentiels de Punaauia.

Les réseaux routiers mais aussi les transports en commun et les déplacements « doux » (vélo, piéton) doivent aussi être repensés.

3. Affirmer Punaauia comme pôle structurant à l’échelle de l’île de Tahiti

Classée deuxième commune la plus peuplée de Polynésie avec près de 28 000 habitants, Punaauia est sans conteste une ville en plein essor.

Elle possède un fort potentiel en matière de tourisme et d’activités économiques qu’elle doit anticiper et organiser sur son territoire, en s’intégrant dans la dynamique de l’agglomération de Papeete.

Des secteurs d’actions prioritaires

Outumaoro

Si le secteur de Outumaoro, situé à l’entrée de la ville, est destiné à devenir un pôle touristique avec le projet Mahana Beach, la commune a formulé le souhait, à travers son projet de PGA, de l’intégrer à un projet d’aménagement global intégrant l’ensemble du secteur, et pas uniquement sa partie littorale.

Les enjeux sont multiples sur cette zone : pollution du lagon par le des rejets sauvages d’eaux usées et déchets en tout genre dans les réseaux d’eaux pluviales rejet des eaux usées et pluviales, l’accès au littoral limité, manque d’équipements publics liés à la mer (centre nautique, parc aquatique, village de pêcheurs…), site culturel laissé à l’abandon (la pointe Tataa, lieu d’envol des âmes dans la mythologie polynésienne) etc.

Pour répondre à ses problématiques, la commune souhaite notamment développer un pôle de services complémentaires au pôle touristique, réaffirmer la place de l’Université dans la zone, mais également équiper le quartier en réseaux d’assainissement, en adduction en eau potable, et réaménager les voiries et les accès, par le biais d’une démarche globale de résorption de l’habitat insalubre (RHI).

La plaine littorale

L’équipe municipale, appuyée de ses partenaires, souhaite donner à la plaine de Punavai une véritable vocation de « centre-ville ».

Le foncier n’étant pas extensible sur la plaine, il est prévu de densifier le bâti dans certains secteurs le long de la RT1, c'est-à-dire autoriser des constructions de 3 ou 4 étages associant des commerces et services en rez-de-chaussée et des habitations à l’étage.

Cette ambition devra s’accompagner d’une amélioration du réseau routier, piéton, vélo, pour faciliter les déplacements sur la plaine, mais aussi d’un renforcement des réseaux tels que l’eau pluviale, l’assainissement des eaux usées et la distribution d’eau potable.

La RT1 doit ainsi être réaménagée en rue conviviale pour les promenades à pieds.Une « route des joggers » sera aménagée côté mer de la route des plaines pour faciliter les déplacements de proximité.

Il est également prévu de créer des équipements et espaces publics pour permettre une véritable animation du « centre-ville » de Punaauia.

Les accès et les vues sur la mer seront développés pour rendre le littoral plus accessible à la population.

Les vallées

Les 3 vallées de la commune font l’objet, dans le PADD, de dispositions particulières qui visent essentiellement à protéger leurs rivières et leurs berges, mais aussi l’ensemble de leur patrimoine naturel et culturel.

Pour la vallée de la Punaru’u, qui a fait l’objet d’une démarche particulière de la part de la commune au travers du Livre blanc, l’objectif principal est de supprimer les extractions dans le lit de la rivière qui ont des conséquences désastreuses, au profit d’une exploitation encadrée et maîtrisée d’abattage à flanc de montagne.

Il s’agit également de réhabiliter la route et de la sécuriser, mais aussi de structurer les activités dans la zone industrielle et au-delà, permettant d’envisager un véritable pôle d’activités économiques, de services et d’industries.

Pour la vallée de Matatia, l’objectif est de protéger la rivière tout en permettant un habitat peu dense et le développement en fond de vallée d’une zone récréative et agricole.

Enfin, pour ce qui concerne la vallée de Maruapo, elle bénéficiera d’une protection permettant de conserver l’habitat du Monarque de Tahiti (‘omamao), oiseau endémique de Tahiti uniquement présente dans 3 vallées de l’île, dont celle de Maruapo.

Le littoral

Si l’accès au littoral est un enjeu important pour le maintien d’un cadre de vie agréable, il est aujourd’hui artificialisé et fragilisé par des enrochements et des remblais non respectueux de la dynamique littorale.

Pour se le réapproprier, la commune souhaite créer un port de pêche au niveau de Vaipoopoo permettant de structurer la filière, aménager un espace pouvant permettre d’accueillir un marché polyvalent en bord de mer, face au magasin Weekend, ou encore de simplement développer les accès à la mer par la reconversion de certains espaces communaux. Les terrains de bord de mer comme le Musée de Tahiti et des îles ou le site de « Tahiti village » pourraient utilement être transformés en espaces culturels et récréatifs ouverts à toute la population.

Projet mené par le service du Développement Durable et Economique