ENVIRONNEMENT - Les Petites Fourmis de Feu ont été éradiquée dans la falaise de Te Maru Ata. Un succès rendu possible grâce aux actions menée par la SOP Manu et financés par la ville de Punaauia dans le cadre de la sauvegarde du Monarque de Tahiti.

C’est une grande première en Polynésie française et une grande première mondiale en falaise.

L’éradication de la colonie de Petites Fourmis de Feu (PFF) dans la falaise de la vallée Maruapo, à Punaauia, est désormais officielle puisqu’elle est indemne de PFF depuis plus de 3 ans. Cette colonie menaçait directement la survie du Monarque de Tahiti et avait délogée 5 d’entre eux à l’entrée de la vallée. Cette opération représente deux exploits : éradiquer complètement une méga-colonie sur plusieurs hectares de forêts, ce qui n’avait jamais été réussi auparavant en Polynésie française ; et traiter une falaise vertigineuse et impraticable, sur plus de 300 mètres de haut, ce qui reste une grande première au niveau mondial.

La Petite fourmi de feu (Wasmannia auropunctata), est classée parmi les pires fourmis invasives au monde. Sa piqure est très douloureuse, elle prolifère dans les arbres, rend les animaux sauvages ou domestiques aveugles. Dans les forêts qu’elle contamine, il ne reste qu’elle et les insectes qu’elle élève (type puceron). Elle se répand actuellement quasi inexorablement en Polynésie et dans le Pacifique.

Pour réussir ces exploits, il aura fallu : - un plan opérationnel, mis au point par l’association MANU avec plusieurs spécialistes des fourmis invasives du Pacifique dont Gary Morton et Ben Hofmann (Australie), Cas Vanderwoude (Hawaii), Matai Depierre (DIREN) et Hervé Jourdan (Nouvelle-Calédonie).  - un protocole de traitement, utilisant des produits classés peu ou non toxiques dans la liste des substances autorisées en Polynésie française. Elles ont été choisies car elles sont très rapidement détruites (par le soleil, l’eau, l’humidité, ou la chaleur selon les cas). Nous avons testé leur impact in situ et constaté le retour dans la forêt d’un peuplement d’insectes et d’araignées varié six mois après le dernier épandage. - un panier épandeur adéquat, mis au point par la société Matarai, qui a œuvré également à trouver des solutions pour vérifier que les épandages se déroulaient correctement.  - voler à des altitudes négatives, pour réaliser l’exploit de traiter la falaise de Maruapo ! Les lignes de vol ont été calculées bénévolement par l’ingénieur Gérard Peels, et la Société Matarai avait obtenu les autorisations de la part de l’Aviation Civile pour voler dans ces conditions extrêmes.

Un peu de répit pour le ‘omamao

En conclusion, cette opération a permis de sauver la vallée qui abrite la moitié de la population de Monarque de Tahiti : 103 individus en 2020 dans le monde !  Le Monarque de Tahiti est un oiseau endémique en danger critique d’extinction qui ne survit plus que dans trois vallées de Punaauia et de Paea, sur la côte Ouest de Tahiti. Aidé par la population de Tahiti pour la restauration de son habitat et par l’implication d’un réseau de Piégeur d’oiseaux introduits sur ces deux communes, son sauvetage a été une véritable épopée. Il revient de loin puisque seuls 12 individus étaient connus en 1998 ! Comme les oiseaux des îles, il est peu fertile naturellement et il a évolué des millions d’années sans présence de prédateurs. En 2020-2021, 103 adultes et 49 couples ont été suivi, 25 nids incubés et 17 jeunes ont été produits.