Tāne & Mairerauri'i

Il était une fois le Dieu Tāne et la Princesse Mairerauri’i.

Tous deux résidaient dans la vallée Tara Ma’o.

Dieu de la beauté, de l’harmonie et de la paix, Tāne était aussi le gardien de l’eau.

ATAPA’ARI À TARA MA’O

Un jour, le brouillard apparut soudainement dans la vallée.

Recouvrant le mont Tāurama’o, il annonça la présence d’Atapa’ari, la mère du Dieu Tāne, venue pour chérir et pour oindre son fils bien aimé.

La grêle tomba sur Tara Ma’o, Atapa’ari exalta Tāne.

L’eau glissa lentement, arriva à la cascade Here Rau, puis se jeta dans la rivière Matamata avant de se disperser dans toute la vallée rendant la nature luxuriante et fertile.

UNE CÉRÉMONIE AU 10ème CIEL POUR TARA MA’O

Peu de temps après, un lourd silence s’abattit sur la vallée.

Au 10ème ciel [1], l’Assemblée des Dieux se rassembla, et, par l’intermédiaire de Tāne, ils offrirent aux hommes un don inestimable : l’eau saine et vivifiante.

De grandes invocations se firent entendre. Les prêtres et les fidèles répétèrent alors les paroles de Tāne transmises par son messager Ro’o : « L’eau est maintenant saine, c’est un c’est un don très honorable, un don pour le fidèle, donnez l’eau en don pour l’homme, afin que toute créature vive, afin que l’homme reçoive la vie, et que son âme vive à jamais. »

Le message transmis, et le don acté, il était alors temps pour les hommes de préparer le Heiva sur la place Turifenua, lieu de danse de la princesse Mairerauri’i, pour célébrer les bienfaits d’Atapa’ari et de Tāne.

MAIRE RAURI’I DANSE POUR TĀNE

Tāne s’installa sur Ti’a Fenua, son trône.

Dans le ciel, la lune s’était levée, et au-dessus du mont Tāurama’o chacun aperçut l’ombre du phaéton à brins blancs.

La vallée était en fête. Des pehepehe furent fièrement déclamés et les chants de louanges se firent entendre jusqu’à Ruama’o.

Vêtue de sa plus belle parure de Tapa, embellie et parfumée de la fougère odorante et symbolique de Tāurama’o, Mairerauri’i [2] se leva et prit place sur Turifenua. D’une beauté sans pareille, elle rayonnait sur son esplanade privilégiée.

Rythmée par les sons mélodieux des pahu et du vivo, la Princesse dansa avec élégance pour Tāne et pour sa vallée. L’assemblée était en admiration devant ses gestes et ses pas si gracieux.

Puis, afin de remercier Tāne et Atapa’ari, les dames de compagnie se levèrent et se mirent à danser aux côtés de Mairerauri’i.

La nuit fut douce sur Mātāti’a portée par l’hommage de Mairerauri’i.

Depuis ce jour, Mātāti’a devint une très belle vallée.


[1] Autre résidence du Dieu Tāne

[2] Le Maire appelé également Mairerauri’i

Sources :
Danielle TUMAHAI, e vai fa’aora a Tāne i Matati’a.
Pāpā Denis PAHIO, Te fa’a Tara Ma’o. .
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